La Swiss Land Management Foundation (SLM) œuvre, en collaboration avec le HCR, à favoriser l'inclusion agricole au Rwanda grâce à une meilleure gestion des terres et aux données géospatiales. Fondée en 2012, la SLM est une fondation suisse qui a pour objectif de promouvoir la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire par un accès équitable à la terre et une gestion durable des terres. La SLM est spécialisée dans la gouvernance foncière, les infrastructures de données géographiques et la formalisation des droits fonciers, afin de combler le fossé entre l'aide humanitaire et la coopération au développement.
Contexte : les camps de réfugiés de longue durée nécessitent une inclusion économique par le biais de l'agriculture (feuille de route du HCR). Le Rwanda est un pays politiquement stable doté d'une législation progressiste, mais il est confronté à une pénurie de terres et à des risques climatiques. Projet pilote RAVADI : SLM et le HCR promeuvent trois piliers dans le district de Kirehe : la protection des ressources naturelles, le renforcement des baux agricoles en tant que garantie de crédit et la prise de décision fondée sur les données. Rôle de la géomatique : les données géographiques relatives aux risques naturels, aux sols et aux marchés constituent le fondement d’une agriculture adaptée au changement climatique et de l’autonomie économique des réfugiés et de leurs communautés d’accueil.
Le Rwanda a été choisi comme pays pilote idéal parmi onze pays d’Afrique de l’Est sur la base de plusieurs critères : ce petit pays (26 000 km²) compte plus de 14 millions d’habitants ainsi qu’environ 130 000 réfugiés enregistrés. Après le génocide et la guerre civile survenus il y a trente ans, le Rwanda est devenu un pays stable sur les plans politique et économique. Il est toutefois entouré de pays en proie à des conflits persistants, tels que la République démocratique du Congo ou le Burundi, ce qui entraîne des flux continus de réfugiés. Le Rwanda dispose d’un cadre juridique progressiste : les réfugiés jouissent des mêmes droits que les ressortissants rwandais, notamment le droit au travail, à la liberté de circulation et à la propriété foncière. De plus, le pays a mené en 2019 une réforme agraire de grande envergure, au cours de laquelle la quasi-totalité du territoire a été enregistrée numériquement et les rapports de propriété ont été recensés. Actuellement, 60 à 75 % des terres sont utilisées à des fins agricoles, ce qui souligne l’importance de ce secteur.
Conclusion et perspectives : la mission exploratoire a confirmé que le Rwanda a jeté des bases solides grâce à la réforme agraire. Il subsiste toutefois des lacunes dans le lien entre l’accès à la terre et l’inclusion financière. La pénurie de terres nécessite des gains de productivité et des mesures adaptées au changement climatique. La géomatique améliore la compréhension des terres et de leur potentiel et constitue un fondement essentiel pour la prise de décisions agricoles. La gestion des terres dans le contexte des déplacements de population joue donc un rôle central pour l’autonomie et l’inclusion économique des personnes concernées, en particulier dans les pays où le secteur agricole occupe une place aussi importante qu’au Rwanda, par exemple. Le projet RAVADI vise à impliquer, directement ou indirectement, un maximum de 150 000 personnes dans le district de Kirehe (camp de Mahama et communautés d’accueil environnantes), dont 70 000 réfugiés. En tant que projet pilote, il vise à valider l’approche du HCR et, en cas de succès, à être étendu à d’autres régions du Rwanda ainsi qu’à d’autres pays d’Afrique subsaharienne. Les résultats montrent que seule la collaboration entre différentes institutions, le complément des données géographiques existantes et la prise de décisions fondées sur les données permettent de garantir durablement l’inclusion économique des personnes déplacées – au bénéfice de tous : les réfugiés, les communautés d’accueil et l’ensemble du pays. Pour la géomatique, ce projet pilote démontre de manière impressionnante que les données spatiales et la gestion des terres sont bien plus que de simples bases techniques : elles constituent le fondement d’une aide humanitaire qui se transforme en un véritable développement à long terme.
L'article complet paraîtra dans « Geomatik Schweiz » n° 7-8/2026.
Fondation suisse pour la gestion des terres www.swisslm.ch